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Quelle forme donner au télétravail après la pandémie ?

À l’heure de la vaccination et d’un déconfinement qu’on espère vraiment être le dernier se pose une question essentielle. Chefs d’entreprise, employés et juniors se demandent ainsi “jusqu’à quel niveau doit-on conserver le télétravail ?

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Un basculement soudain

Alors qu'en 2020 les gouvernements du monde entier nous ordonnaient de rester chez nous et de travailler à distance pour freiner l'épidémie, les entreprises se réorganisaient en conséquence, pour le meilleur et pour le pire. Un an plus tard, déclarations, études et témoignages se succèdent pour mettre en lumière ce qui a fonctionné ou non durant cette période exceptionnelle.

Quand les pays se sont un à un confinés, des annonces-choc laissaient entendre que le télétravail généralisé représenterait peut-être l'avenir. Les GAFA avaient déjà pris une longueur d'avance sur la démocratisation du télétravail, avant d'aller encore plus loin. Mark Zuckerberg affirmait en mai 2020 qu'environ 50% de ses employés seraient en full remote à temps complet au cours de la prochaine décennie. Twitter ne faisait pas dans la demi-mesure en annonçant que ses salariés étaient autorisés à faire du télétravail à vie… Même après la pandémie ! Plus récemment, en février 2021, Brent Hyder, le directeur des ressources humaines de Salesforce clamait que la journée de travail classique 9h-17h était morte. Rien que ça.

Force est de constater qu'en un an, nos habitudes de travail ont profondément changé. Au départ, on se familiarisait effectivement avec la joie de pouvoir briser l'inexorable rythme métro-boulot-métro afin de (dé)construire sa propre journée de travail, tandis que les bénéfices écologiques de réduction des transports étaient porteurs d'espoir. Puis des déconvenues en tout genre ont vite affecté celles et ceux qui devaient réaménager leur espace de vie en véritable espace de travail. Contraintes de vie commune, problèmes de santé provoqués par la sédentarité, dépenses pour bien s'équiper : peser les avantages et les inconvénients du télétravail est progressivement devenu un casse-tête. Surtout quand la vision des dirigeants et des salariés est loin d'être la même à ce sujet.

Un an après, quel bilan ?

3 normes se sont dégagées à l'orée du troisième déconfinement, d'ailleurs explicitement définies par Brent Hyder de Salesforce :

  • le télétravail total, pour celles et ceux dont la fonction ne nécessite pas de présence physique au bureau, et qui vivent loin de leur lieu de travail.
  • le travail flexible qui concerne la plus grande partie des effectifs de Salesforce, une fois que la situation sanitaire est maîtrisée. 2 à 3 jours par semaine sont travaillés au bureau, afin d'y mener réunions, présentations et toute autre tâche amenant à collaborer en équipe.
  • le travail fixe au bureau, incontournable pour les postes qui ont majoritairement besoin d'être présents physiquement pour travailler normalement, à raison de 4 à 5 jours par semaine.

Chaque entreprise a bien entendu sa propre vision à ce sujet, mais il y a pourtant eu un précurseur qui avait généralisé le télétravail dès 2009 : IBM. 40% de ses salariés étaient en distanciel afin d'accroître avec efficacité la productivité, sans parler des nombreux frais physiques économisés. Mais au fil du temps, un contrecoup s'est fait sentir du côté de la créativité des équipes, IBM se laissant dépasser par les entreprises citées dans cet article en matière d'innovation. En 2017, la multinationale américaine revient sur cette décision qui lui aura finalement coûté cher.

L'heure est ainsi autant à la flexibilité qu'à la prudence, les GAFA étant déjà redevenus plus frileux qu'au moment de leurs déclarations retentissantes. En mars 2021, Amazon, de son côté, a clairement annoncé vouloir replacer le lieu de travail au centre de sa culture d'entreprise.

Mais ce qui a notamment retenu notre attention est une étude très complète de Microsoft parue en mars 2021. Grâce aux témoignages de 30 000 salariés et des innombrables données découlant de leurs outils, plusieurs tendances fortes se dégagent. Le télétravail sous sa forme flexible est amené à durer puisque 73% des travailleurs le souhaitent. Néanmoins certains dangers guettent comme un fossé se creusant entre managers et employés, ainsi qu'une lassitude croissante vis-à-vis de l'organisation distancielle.

Le plus grand danger du télétravail total

Chez La Relève, nous avons particulièrement cerné un enjeu a priori aussi essentiel qu'inquiétant pour les nouvelles générations. Déjà durement touchés par certains effets de la crise sanitaire, les jeunes ont plus de mal à s'intégrer au sein des entreprises. Que ce soit pour un stage, une alternance ou un premier emploi, le lien social est encore plus fragilisé dans ces cas de figure. L'étude de Microsoft pointe justement du doigt ce risque chez la génération Z, âgée de 18 à 25 ans. Parmi elle, 16% estiment éprouver du mal à s'impliquer au travail et à se manifester durant les réunions Teams/Zoom/Meet (soit plus que n'importe quelle autre tranche d'âge).

Comme nous l'avons évoqué dernièrement avec Kiliba et CLICKDOC, il est primordial d'accueillir comme il se doit les juniors. Au-delà des enjeux de partage de connaissance, déjà bien affaiblis par le distanciel, est celui de réussir à capitaliser sur le potentiel, l'énergie et la conscience des plus jeunes générations. Et si les profils les plus juniors peuvent être des moteurs importants du dynamisme des entreprises, il faut inversement s'assurer de leur suivi. Sans avoir la possibilité de se croiser au bureau pour faire le point, un manque d'accompagnement peut tout aussi bien conduire à une impression de mise à l'écart, puis de décrochage.

à cela s'invite inévitablement le sentiment d'appartenance à une entreprise. Alors que les dernières générations étaient déjà réputées pour changer très régulièrement de travail, il est d'autant plus difficile d'animer l'esprit corporate chez chacun. Comment développer un réel attachement en étant constamment limité à des onboardings puis à un semblant de vie de bureau par écrans interposés ?

Même si nous sommes à présent mieux rodé.e.s face aux différentes pratiques de home office, il paraît important de reconstruire des points de repère forts pour chaque travailleur. Après avoir goûté collectivement au télétravail complet, il est évident d'accorder dorénavant plus de souplesse aux employés. De l'autre côté des hiérarchies, on peut imaginer de nouvelles organisations du travail, à affiner directement vis-à-vis de la performance des activités de l'entreprise. Ce qui demeure certain, c'est que derrière la poussière qui a recouvert les bureaux se trouvent des lieux de vie incontournables pour le teambuilding, l'innovation ou encore la transmission des savoirs. Et nous avons donc hâte de les retrouver !


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1. https://www.theguardian.com/technology/2020/may/21/facebook-coronavirus-remote-working-policy-extended-years

2. https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/twitter-autorise-le-teletravail-a-vie-pour-certains-de-ses-employes-1202583 "

3. https://www.forbes.com/sites/jackkelly/2021/02/10/salesforce-says-9-to-5-workday-is-dead-and-employees-will-only-come-into-the-office-one-to-three-days-a-week/

4. https://www.forbes.com/sites/jackkelly/2021/02/10/salesforce-says-9-to-5-workday-is-dead-and-employees-will-only-come-into-the-office-one-to-three-days-a-week/

5. https://www.forbes.com/sites/carolkinseygoman/2017/10/12/why-ibm-brought-remote-workers-back-to-the-office-and-why-your-company-might-be-next/?sh=7ba4c9c816da

6. https://www.aboutamazon.com/news/company-news/amazons-covid-19-blog-updates-on-how-were-responding-to-the-crisis#covid-latest

7. https://www.microsoft.com/en-us/worklab/work-trend-index/hybrid-work

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